Note d’Oncle Max – 15/08/2026
Dans ma note précédente, j’avais parlé du traitement à base de thymol contre les varroas en relation avec la météo particulièrement chaude. Comme vous, j’ai été pris de court avec les changements de prévisions et je laisserai mon premier traitement ApilifeVar 14 jours au lieu de 7 ou 8 pour ne pas commencer un nouveau traitement en pleine canicule. Il faut s’adapter semaine après semaine avec la situation du climat.
Il faut également veiller à ce que les abeilles puissent avoir un point d’eau pour faire baisser la température du couvain. Ce travail de contrôle de la température de la ruche au niveau du couvain nécessite une dépense énergétique des abeilles : apport d’eau et ventilation. Ces dépenses énergétiques les obligent à puiser dans les réserves de nourriture au-delà des besoins nutritionnels du couvain. Avant le début du traitement pour le varroa (4 août) j’ai vérifié les réserves de mes colonies : sans compter les éventuelles réserves dans le corps, elles avaient toutes (sauf une) encore plus de 80% d’une hausse complète de miel. Je devrai revérifier ces réserves fin du mois d’août avant la stimulation suivie du nourrissement d’hiver.
Pas de sérieuses pluies nous sont annoncées (pour l’instant) pour cette prochaine quinzaine : cela devient vraiment inquiétant pour l’ensemble de la vie sauvage, aussi bien les plantes que les insectes, les poissons, les oiseaux et tous les mammifères sauvages.

Nous observons des arbres plus sensibles que d’autres parmi lesquels les bouleaux, certains érables et les hêtres sur sols trop légers. Le manque d’eau dans les ruisseaux, rivières et fleuves affecte tous les écosystèmes qui y sont liés. Sans ressources hydriques les floraisons sont très pauvres en nectar (surtout) et pollen, pour ne pas dire absentes pour les insectes pollinisateurs en général.
Même en ayant placé des pots-appâts pour les FA à 250m de mes ruches, ils étaient envahis d’abeilles en quelques heures… Avant qu’une escadrille de FA les écarte un peu plus tard. D’ailleurs, je ne mets plus d’attractifs dans mes pièges sélectifs près des ruches car ils sont envahis d’abeilles avant tout. Carole a observé le même comportement des abeilles près de son rucher. Ce qui indique que les butineuses sont en réel manque de sources de nectar.
Comme le dit Pierre dans sa chronique FA, j’observe peu de FA devant mes ruches et encore moins depuis que le premier nid situé à 300m de mon rucher a été neutralisé. J’ai laissé mes harpes électriques en fonctionnement mais je n’ai pas encore mis les muselières espagnoles pour ne pas perturber mes colonies. Je compte même interrompre le fonctionnement des harpes jusqu’à ce que j’observe de nouveau des FA devant les ruches.
Note particulière à Tous : Michel suggère de mettre en place une conférence-débat sur nos observations en matière apicole et au point de vue environnemental ces dernières années suite aux changements climatiques, d’une part, et sur les changements de pratiques que nous avons opérés et sur les autres initiatives pour rendre nos abeilles plus résilientes, d’autre part. Nous invitons tous les apiculteurs à collationner leurs informations pour les partager fin d’année ou début de l’an prochain lors d’une conférence-débat.
Chronique FA – 15/08/2026
Déjà à la mi-août et pourtant, pour la plupart d’entre nous, les frelons asiatiques sont encore relativement rares devant les ruches. Ce n’est pas une règle générale, Albert M. à Basse-Ware nous a reporté une pression notable depuis début août, mais globalement la pression cette année est encore assez faible en ce moment. Pourtant, notre ami Sébastien a beaucoup de travail et ne cesse de neutraliser des nids dans les communes du Brabant wallon où il est actif. A Piétrebais, Charles et moi nous sommes lancés dans la recherche de nids secondaires tôt dans la saison (mi-juillet) et plusieurs nids (de la taille d’un ballon de basket) ont été neutralisés. Chez Charles, chez Max et chez Carole (Gottechain), quelques frelons asiatiques viennent sur les appâts : la chasse avec les balises électroniques se poursuit.
Peut-on expliquer cette relative tranquillité devant les ruches? Nous nous attendions pourtant à une année difficile après l’explosion du nombre de nids en 2025… Le piégeage de printemps a été organisé de façon plus systématique cette année. Peut-être y-a-t-il un effet positif de ce côté. Mais il faut aussi reconnaître que la météo est vraiment exceptionnelle en 2026. Peut-être le froid en mai, la chaleur et la sécheresse prolongée ensuite sont-elles autant de barrières au développement des nids de frelons asiatiques? Pourtant, même dans les années « normales » précédentes, les nids de frelons asiatiques ont continué à proliférer dans le sud de la France et en Espagne. Alors? Pourquoi observe-t-on nettement moins de frelons cette année chez nous? Décidément, le frelon asiatique continue à susciter bien des questions auxquelles nous ne pouvons pas encore répondre.
Quels conseils pouvons-nous donner? Personnellement, j’ai quand même mis les muselières aux ruches. Il est vrai que les colonies mettent un jour ou deux à s’habituer à la présence d’une muselière, mais ensuite elles reprennent le travail normalement. Souvent, ce sont ceux qui s’absentent pendant un certain temps qui ont choisi de mettre les muselières en place. Peut-être simplement pour se donner bonne conscience (toutefois, je me dis que la présence des muselières empêche aussi d’autres indésirables de venir embêter les abeilles sur la planche de vol, voire de pénétrer dans les ruches). Beaucoup d’autres apiculteurs attendent encore avant de mettre les muselières. C’est bien un choix personnel.
Autre conseil : nous devrions tous profiter de cette année apparemment néfaste pour le développement des nids pour assainir notre environnement. S’il n’y a que quelques nids près d’un rucher cette année, la neutralisation précoce de ces nids (avant le début de l’envol des fondatrices, c’est-à-dire avant mi-septembre) pourrait réduire la présence du frelon asiatique pour la ou les années suivantes. À condition bien sûr que tout le monde s’attelle à la tâche dans une zone relativement large! Nous serions donc bien avisés, malgré la tranquillité relative jusqu’à présent, de continuer à rechercher les nids dans notre environnement.
Enfin, j’ai remarqué sur un vieux mur que les lierres forment déjà les boutons floraux. Le lierre pourrait donc fleurir précocement cette année. C’est souvent sur le lierre – une des dernières floraison importante en fin d’année – que l’on observe de nombreux frelons asiatiques. Ceci permet de jauger la présence des frelons dans un environnement donné. Je serais curieux de voir ce qui se passera sur ces lierres, peut-être déjà en septembre. Voilà un baromètre que je ne manquerai pas de consulter régulièrement dans quelques semaines.
Pierre
Conférence proposée par le CRANivelles – 22/08/2026
Exposé sur « la silphie, plante intéressante à plus d’un titre, notamment mellifère » par Gilles Manssens, qui nous expliquera ses nombreux avantages lors d’un exposé au terrain le samedi 22 août à 10h00.
Tout le monde est le bienvenu, apicultrice, teur ou citoyen intéressé. Localisation: Rue Del Bore 2 à Buzet (Pont à Celles).