Chronique FA – 30/08/2025
Désespérant, catastrophique, désastreux, violent…
Les qualificatifs les plus sombres s’accumulent pour parler de la pression des frelons asiatiques sur nos ruchers cette année. Malheureusement la pression augmente au fur et à mesure que la saison avance. La météo estivale qui se prolonge est propice au développement des nids.
Tous les conseils de lutte que nous avions donnés dans les précédentes chroniques restent évidemment valables.
Ceux et celles qui ont du temps et dont le rucher se situe à domicile peuvent ajouter la chasse aux frelons devant les ruches avec une raquette de badminton. Les frelons en vol stationnaire devant les ruches sont assommés d’un bon coup de raquette, puis prestement écrasés. Quelques visites au rucher pendant une vingtaine de minutes, espacées sur la journée, permettent d’éliminer les frelons qui ont trouvé la route du rucher. On constate une nette accalmie au rucher après une séance de badminton de 20 minutes, mais d’autres frelons trouvent vite le même chemin, c’est pourquoi il faut recommencer régulièrement sur la journée. Au total, 1 heure à 1 heure et demie au rucher par jour. On conçoit bien que ce n’est pas tenable sur le long terme, mais nous sommes quelques uns à nous astreindre à cette routine pour protéger nos petits ruchers.
In fine, il faudra sans aucun doute améliorer nos méthodes de recherche des nids.
Note d’Oncle Max – 30/08/2025
L’an dernier, nous attendions impatiemment un rayon de soleil durant une longue période pluvieuse; cette année-ci, nous attendons tout aussi impatiemment quelques bonnes averses durant cette longue période de sécheresse. Cette saison est favorable au développement des insectes pollinisateurs, mais aussi malheureusement à celui des frelons asiatiques et européens.
A Gottechain, Carole et moi avons réalisé respectivement une visite complète de nos colonies suite aux inquiétudes de certains de nos amis apiculteurs ayant observé une absence de couvain dans leurs ruches.
Chacun de nous deux avons constaté une colonie avec une absence de couvain, mais toutes les 9 autres colonies en avaient, fort heureusement : chez Carole 7 colonies avec 4 à 5 cadres de couvain, et 2 avec 6 cadres de couvain ; chez moi, 5 colonies avec 4 à 5 cadres de couvain, et 4 colonies avec 2 ou 3 cadres de couvain. La toute grande majorité de nos colonies sont encore bien pourvues en réserve de miel malgré le trou de miellée de juillet/août pour lequel nous avions laissé une hausse complète de miel. Mi-septembre, nous devrons adapter notre nourrissement hivernal pour ne pas risquer un blocage de ponte en septembre-octobre.
J’ai remarqué que les colonies avec 2 ou 3 cadres de couvain avaient peu de pollen en réserve, contrairement aux autres colonies, et celle sans couvain n’avait quasi plus de réserve de pollen. Carole a également constaté que quelques-unes de ses colonies avaient peu de réserve de pollen.
Nous avons décidé de donner du Nutripollen aux colonies déficitaires en pollen. Nous pensons l’enlever du sachet et le disposer directement sur la tête des cadres (sous le couvre-cadres) autour du trou par lequel nous ferons bientôt la stimulation et le nourrissement d’hiver. Nous combinerons donc stimulation et apport de Nutripollen à partir de ce dimanche lorsque nous aurons terminé le traitement à l’Apilifevar.
Comme expliqué dans une note précédente (cfr Jean Riondet), nous constatons l’importance du pollen dans le développement des colonies. Un manque de réserve de pollen avant l’hivernage pourrait inhiber fortement la production de jeunes abeilles d’hiver en cette fin d’été et en automne ; ce qui pourrait compromettre sérieusement sa survie en hiver et/ou le redémarrage de la colonie au printemps.
Ce qui nous amène à la problématique des frelons asiatiques en fort grand nombre cet été-ci.
La forte présence des frelons asiatiques autour de nos ruches stresse nos butineuses et les empêche de rentrer pollen et nectar ; surtout du pollen qui est plus lourd et qui les ralentit dans leur vol de retour, les rendant plus vulnérables aux attaques de frelons. De plus, avec les muselières, certaines butineuses voulant échapper aux frelons se précipitent pour rentrer à travers le grillage des muselières et peuvent perdre leurs pelotes de pollen (un peu comme le feraient les trappes à pollen). Mais ces muselières sont un moindre mal en ce moment.
Ce jeudi matin, en allant chercher du Nutripollen aux Ruchers Mosans, Olivier Rommel m’a dit avoir rapatrié ses 185 colonies chez lui (vergers) à cause des attaques importantes des FA ailleurs. Il les a placées en cercle avec le trou de vol orienté vers le centre du cercle, créant ainsi une cheminée de butineuses qui perturbent les frelons qui s’engagent dans cet espace central où ils sont déboussolés avec les butineuses partant dans tous les sens.
PS : en discutant avec Olivier Rommel, pour compenser le manque de pollen dans les ruches à cause de la perturbation créée par les FA, non seulement nous donnerons maintenant du Nutripollen aux colonies déficitaires en pain d’abeilles (pollen) et, dès fin décembre ou début janvier, en lieu et place d’un éventuel apport en candi (Apifonda), nous pensons donner aussi du Nutripollen. Si et seulement si la météo est propice au redémarrage de ponte, bien sûr.
Avec ces changements climatiques, nous devons anticiper, imaginer, adapter nos pratiques pour un mieux comme soins palliatifs à nos abeilles.